Jeudi 14 avril 2011 4 14 /04 /Avr /2011 16:03

 

grottes red St seescalier grotte red

 

 

 La découverte dans les collines dominant la ville de Pont-sur-Yonne, de nombreuses grottes et cavités creusées dans la craie, certaines peu profondes juste des abris, d’autres plus  creusées et enfouies sous les ronces, nous  ont souvent intrigués, lors de nos « expéditions » enfantines des jeudis sans école : vestiges mystérieux, depuis longtemps abandonnés qui évoquaient l’existence de domaines souterrains que nous brûlions, enfants, de découvrir. Nous prélevions autour de ces « cavernes » de petits morceaux de craies, trésors qui nous servaient à tracer les marelles dans la cour goudronnée de l’école. 

 

    

  mur de jardin

Depuis, les passionnés d’histoire locale (et de géologie) que nous sommes devenus ont fait le lien entre ces « grot tes »  et l’omniprésence de la craie dans le paysage habité qui nous entoure. Ainsi au cœur ancien de Pont-sur-Yonne on la retrouve dans  les caves des maisons, elle est présente dans nombre de constructions, quelquefois bien cachée sous un crépi gross ier de chaux, qui lentement se dégrade.

 

 

 

Le cul 2

 

 

Même la petite église

de Saint -Martin-du-Tertre

est posée sur sa falaise de craie...

 

 

 

 

 

 La craie est là dans les jardins dès que la bèche y pénètre. Les murs de clôture en conservent les moellons légèrement noircis souvent intacts et bien alignés. Sur ces murs les passants ont laissé des centaines de gravures et graffitis  constitués  de coeurs, de dates, de noms, de sigles ou  de brefs slogans....

 

grafitis anciens

 

 

graf3graf5

 

 

Des questions sont à l’origine de nos recherches  d’aujourd’hui : qu’est-ce que la craie? comment et quand s’est-elle formée? comment les  hommes l’ont-ils utlisée au cours des siècles ?   et enfin qui étaient ces « mineurs de fond » car il reste très peu de traces des ces « travailleurs de la craie » dans la mémoire collective, de ces « crayeux » qui ont arraché au sous-sol cette roche si blanche, ni de leurs outils, ni de leurs conditions de travail : seules l'habitat ancien en témoigne encore et  ces grottes et carrières abandonnées qui ont ponctué et ponctuent encore le paysage de la région.

 

 

murs de craie

 

 

 

1ère PARTIE- FORMATION DE LA CRAIE

 


La craie est une roche sédimentaire qui s’est déposée au fond d’une mer  qui oc cupait notre région il ccy a 60 à 80 millions d’années (étage géologique crétacé supérieur) sur une épaisseur de 400 à 600 m

 Elle est constituée  d’une  multitude de tab17particules calcaires (nannofossiles  visibles au  micros cope électronique) qui sont des restes d’éléments calcaires provenant d’êtres vivants, algues unicellula ires infiniment petites et nombreuses dont les parties dures (coccolithes) se sont rassemblé es et fossilisées  au fond de la mer  pendant des temps très longs. Cette présence prolongée a permis le dépôt de plusieurs centaines de mètres de sédiments calcaires dans lesquels ont été ensevelis plus tard d’autres fossiles (micro et macrofossiles).

 


carte du bassin parisien


 

Ainsi, durant plusieurs dizaines de millions d’années se sont formées sur le fond des mers du crétacé supérieur autour de notre planète et en particulier dans notre région, d’extraordinaires étendues de craie constituée de centaines de milliards de ces coccolithes (du grec « cocco »signifiant « graine », et « lithe  » signifiant « pierre » ).

 

   carte geologique 900x830

 

page carrés terminée et recadrée

 

 La carte géologique de l’Yonne met en évidence la présence très importante de craie et de marne crayeuse du plateau sénonais. Il n’est donc pas étonnant que la craie constitue un des matériaux le plus utilisé dans l’architecture rurale de notre région. Partout elle affleure, les collines qui bordent la vallée de l’Yonne sont constituées par d’immenses bancs de craie, vestiges de l’ère secondaire, du temps du crétacé, bien avant l’arrivée des hommes. Même lorsqu’on s’éloigne de la rivière, en allant vers Michery, ou vers les autres villages bordant l’Oreuse on devine sa présence en sous-sol où de nombreuses carrières ont pu être exploitées jusqu'au début du 20ème siècle.

Belemnite


LA CRAIE ET SES FOSSILES


  L'étage de la craie blanche (sénonien) présente la roche  la plus pure, d'un blanc éclatant d'une épaisseur considérable (200 ou 500m ); dans laquelle courent souvent des cordons horizontaux de silex noirs ou des silex dispersés*.  On y trouve des fossiles spéciaux dont les plus communs sont les Belemnites, les Oursins et les Eponges (trouvéeoursins souvent dans les silex)


 

   

 

 

 

 

 

oursin 2terebratulabrachiopode

 

 

 

 

  * Les silex ,  souvent appelés rognons, sont constitués essentiellement d'oxyde de silicium (comme le quartz). La présence de ces "accidents siliceux" dans la masse calcaire que représentent les centaines de mètres d'épaisseur de la craie surprend encore les chercheurs et pose le problème de leur origine et de leur mode de formation.  Ce sont des roches sédimentaires biochimiques : la silice en solution dans l'eau précipite et se fixe sur les éléments eux-mêmes siliceux de squelettes d'éponges, d'oursins ou autres animaux marins ..

Quelques millions d'années plus tard, les hommes préhistoriques ont su fracturer,  tailler puis polir ces silex, en utiliser au mieux la dureté et les qualités tranchantes pour en faire armes et outils.

 

 

deuxième partie : CARRIERES et CARRIERS

 troisième Partie : PRESENCE DE LA CRAIE DANS L'ARCHITECTURE RURALE 

 

 

Par pont-sur-yonne asepa environnement et patrimoine
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